Santé et bien-être du chien

Maladies héréditaires du husky sibérien : ce qu'il faut savoir avant d'adopter

Maladies héréditaires du husky sibérien : ce qu'il faut savoir avant d'adopter

Le husky sibérien a la réputation d’un chien robuste, et elle est en grande partie méritée : c’est une race de travail, sélectionnée pour courir longtemps dans des conditions rudes, et beaucoup de huskies vivent leurs douze à quinze ans sans gros souci de santé. Robuste ne veut pas dire sans faiblesse pour autant. Quelques maladies héréditaires reviennent régulièrement dans la race, et la plupart touchent un organe auquel on ne pense pas forcément en admirant ces fameux yeux bleus : l’œil lui-même.

Les connaître sert à choisir un chiot issu de parents dépistés, puis à repérer tôt les signes d’alerte. Il s’agit d’une information générale : seul un vétérinaire peut poser un diagnostic.

Les yeux, premier point de vigilance

Les clubs de race placent les maladies oculaires en tête des examens à faire chez le husky. Trois affections dominent.

La cataracte juvénile

La cataracte est une opacification du cristallin, la lentille située derrière la pupille. Chez le husky, elle peut apparaître très tôt, parfois dès les premiers mois et le plus souvent avant l’âge adulte, d’où son nom de cataracte juvénile. Elle touche en général la partie arrière du cristallin et progresse plus ou moins vite selon les chiens : certains gardent une vision correcte pendant des années, d’autres perdent beaucoup de vue.

Le mode de transmission n’est pas entièrement élucidé, mais une composante récessive est fortement suspectée. Conséquence pratique : deux parents en parfaite santé peuvent transmettre le défaut s’ils en sont porteurs, ce qui rend le dépistage régulier des reproducteurs indispensable. Une chirurgie existe, pratiquée par des vétérinaires ophtalmologistes, mais elle est coûteuse et ne convient pas à tous les cas.

L’atrophie progressive de la rétine

Cette maladie détruit lentement les cellules de la rétine qui captent la lumière. Le husky est concerné par une forme particulière, liée au chromosome X : ce sont donc surtout les mâles qui l’expriment, les femelles étant le plus souvent porteuses sans symptômes.

Le premier signe est presque toujours une gêne dans la pénombre : le chien hésite le soir, se cogne dans un jardin mal éclairé. La vision de jour baisse ensuite, jusqu’à la cécité. Il n’existe pas de traitement. La bonne nouvelle, c’est qu’un test ADN permet d’identifier les porteurs de la forme liée à l’X, et donc d’éviter les mariages à risque.

La dystrophie cornéenne

Des dépôts graisseux se forment dans la cornée et lui donnent un aspect voilé, argenté ou bleuté. Spectaculaire, cette affection gêne rarement la vision, mais un œil trouble mérite toujours un avis vétérinaire.

Un mot sur les yeux bleus

Contrairement à une idée répandue, la couleur bleue des yeux, ou les yeux vairons, ne rend pas un husky plus fragile de la vue. Ces maladies touchent les chiens aux yeux bruns comme les autres. Le choix d’un chiot sur la couleur de ses yeux ne dit donc rien de sa santé oculaire.

Les hanches : moins exposé que d’autres, pas épargné

La dysplasie de la hanche est un défaut de conformation de l’articulation, transmis par plusieurs gènes et aggravé par certains facteurs d’élevage (croissance trop rapide, surpoids, efforts excessifs chez le jeune). Le husky, chien de taille moyenne et léger pour son gabarit, est réputé moins touché que beaucoup de grandes races. La maladie existe pourtant bien dans la race, et la radiographie des hanches des reproducteurs reste recommandée par les clubs de race.

Pour un chien qui va tirer, en attelage comme en canicross, la question est loin d’être théorique. Une hanche mal formée encaisse mal les efforts de traction répétés, et la douleur finit par s’installer. C’est l’une des raisons pour lesquelles on ne fait pas tracter un chien avant la fin de sa croissance, un point que nous détaillons dans notre article sur la vie d’un chien de traîneau, du chiot à la retraite.

La peau : la dermatose liée au zinc

C’est l’affection la plus typique des races nordiques, que l’on retrouve aussi chez le malamute. Certains huskies absorbent mal le zinc au niveau de l’intestin, même avec une alimentation parfaitement équilibrée. La carence se traduit par des lésions de peau très caractéristiques :

  • rougeurs, puis perte de poils, croûtes et squames autour des yeux, de la bouche et des oreilles ;
  • parfois des lésions sur la truffe, les coussinets ou les points d’appui comme les coudes ;
  • des démangeaisons variables et, souvent, une infection secondaire de la peau.

Les premiers signes apparaissent fréquemment chez le jeune adulte, mais ils peuvent survenir plus tard. Le diagnostic passe par le vétérinaire, et le traitement repose en général sur un complément de zinc à donner à vie. Ne vous lancez pas seul dans la supplémentation : un excès de zinc est lui aussi toxique. Pour le reste, une ration adaptée à l’activité du chien, comme nous l’expliquons dans notre guide pour nourrir les chiens nordiques, reste la base.

La thyroïde et les autres affections possibles

L’hypothyroïdie, une production insuffisante d’hormones par la thyroïde, fait partie des affections surveillées chez le husky. Elle s’installe à bas bruit : prise de poids sans changement de ration, fatigue, chien qui supporte moins bien le froid (un comble pour un nordique), poil terne ou qui repousse mal. Une prise de sang permet de la confirmer, et elle se traite par un médicament à prendre tous les jours.

D’autres maladies sont parfois citées dans la race, comme l’épilepsie ou certaines affections auto-immunes touchant à la fois les yeux et la peau. Elles restent plus rares. Si votre chien présente un œil rouge et douloureux accompagné d’une dépigmentation de la truffe ou des paupières, consultez sans tarder : ce type de tableau demande une prise en charge rapide.

Avant d’adopter : les questions à poser à l’éleveur

C’est à ce moment que tout se joue. Un chiot ne peut pas encore être dépisté pour la plupart de ces maladies, mais ses parents, oui. Un éleveur sérieux répond volontiers et montre les documents sans qu’on ait à insister.

Question à poser Ce qu’on attend comme réponse
Les parents ont-ils passé un examen des yeux récent ? Un certificat d’examen oculaire par un vétérinaire ophtalmologiste, idéalement renouvelé chaque année pour les reproducteurs
Le test ADN de l’atrophie rétinienne a-t-il été fait ? Le résultat écrit pour les parents, surtout pour la mère (une femelle porteuse peut transmettre la maladie à ses fils)
Les hanches des parents ont-elles été radiographiées ? Un résultat officiel de dépistage de la dysplasie
Y a-t-il eu des cas de cataracte, de problèmes de peau ou de thyroïde dans la lignée ? Une réponse franche plutôt qu’un « jamais » de principe
Puis-je voir la mère, et si possible d’autres chiens de la lignée ? Oui, sans difficulté

Méfiez-vous des annonces qui insistent sur la couleur des yeux ou le masque et restent muettes sur les dépistages. Pour aller plus loin dans le choix du chien lui-même, notre article comment choisir un chien de traîneau passe en revue les autres critères, du tempérament au besoin d’exercice.

Si vous avez déjà un husky : les signes qui doivent alerter

La majorité des huskies ne développeront aucune de ces maladies. Ces signes justifient simplement une visite chez le vétérinaire :

  1. Un reflet blanc ou bleuté dans la pupille, ou un œil qui paraît voilé.
  2. Un chien qui hésite dans la pénombre, se cogne ou devient craintif le soir.
  3. Des croûtes ou une perte de poils autour des yeux et de la bouche.
  4. Une prise de poids inexpliquée associée à de la fatigue.
  5. Une raideur au lever ou une boiterie qui revient après l’effort.

Un examen des yeux régulier, même chez un chien qui semble bien voir, permet de repérer certaines atteintes avant les premiers symptômes. Enfin, une partie de ces maladies sont chroniques et demandent un traitement ou un suivi à vie : c’est un élément à garder en tête au moment de réfléchir à une assurance pour son chien, en vérifiant ce que le contrat exclut pour les affections héréditaires.

Bien choisi et bien suivi, le husky reste un compagnon solide, capable de partager des années de sorties avec vous.